Terroriste pour l’un, combattant de la liberté pour l’autre

Dès le XIXe siècle, la lutte armée par des acteurs non étatiques était perçue par certains partisans de la paix comme un moyen légitime et nécessaire pour instaurer un ordre social et politique plus juste et pour parvenir à un monde plus pacifique. La Ligue internationale de la paix et de la liberté (LIPL) – l’une des plus grandes organisations internationales pour la paix de l’époque – prônait la libération nationale et la justice sociale, y compris par la guerre, si nécessaire. Dans son discours prononcé lors du Congrès de la paix de la LIPL à Lausanne en 1869, le président d’honneur Victor Hugo déclarait par exemple : « La première condition de la paix, c’est la délivrance. Pour cette délivrance, il y aura certes une révolution, qui sera la suprême, et peut-être, hélas ! une guerre, qui sera la dernière. Alors tout sera accompli. »

Les luttes armées donnent souvent lieu à un affrontement de récits – même longtemps après les événements – car elles sont interprétées par les uns comme nécessaires pour se libérer d’un régime oppressif, tandis que les autres les considèrent comme une rébellion et du terrorisme. Dans le contexte des luttes de décolonisation – par exemple en Algérie, au Vietnam ou en Palestine – la lutte armée a été explicitement défendue par certaines personnes au Luxembourg. Des groupes maoïstes, notamment le Kommunistesche Bond Lëtzebuerg (KBL), prônaient p. ex. la victoire du pouvoir populaire par la force des armes.

L’Organisation des Nations Unies interdit généralement le recours à la menace ou à l’emploi de la force. Toutefois, plusieurs résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies ont reconnu le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ainsi que la légitimité de leur lutte « par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée ».

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