Be natural : l'histoire cachée d'Alice Guy-Blaché dir. by Pamela B. Green ; written by Joan Simon, Pamela B. Green ; based on the book 'Alice Guy-Blaché, lost visionnary of the cinema' by Alison McMahan

Pamela B. Green a mené une enquête de 8 ans à la recherche d’informations sur la réalisatrice française Alice Guy-Blaché émigrée aux États-Unis, ainsi que sur ces films. Le documentaire suit pas à pas le déroulement de l’investigation et fait des aller-retour de Paris au New Jersey, où Alice Guy avait monté son studio de production en 1910. Elle commença comme secrétaire de Léon Gaumont et assista le 25 mars 1895 à la présentation du Cinématographe des frères Lumière à la société d’encouragement des industries techniques à Saint-Germain dès Près. Suite à cette projection, elle proposa à son patron de tourner une petite histoire scénarisée, qui accepta à condition que cela n’ait pas de répercussions sur son courrier. Elle réalisa son premier film « La Fée aux choux ». Le film (le premier de sa longue filmographie que l’on estime à peu près à 1000 films) rencontra un franc succès. Elle prit la direction d'un service spécialisé dans les vues animées de fiction. Jusqu’en 1907, elle fut à la tête de la production Gaumont, à la fois comme réalisatrice, directrice artistique, scénariste et cheffe régisseur. Elle participa à la synchronisation du son à l’image et à la première colorisation des images. En 1907 elle suivit son mari envoyé par la Gaumont aux États-Unis et le documentaire laisse entrevoir que Léon Gaumont était pas mécontent de se débarrasser d’une femme dans une industrie qui s’était avérée lucrative et avait été monopolisée par la gent masculine. Elle fit une belle carrière aux États-Unis, où elle tourna des films féministes avant l’heure avec des protagonistes drôles et fortes. Elle sera la première à faire appel à un casting composé uniquement de noirs américains et à utiliser des animaux sauvages dans un film. Suite à des problèmes dans sa vie privée, elle rentra en France, où elle avait été oubliée et peina à se remettre en selle.  

Ce film m’a interpellé car il montre comment l’histoire du cinéma en France a été écrite par des critiques de cinéma masculins, qui ont omit de mentionner le rôle précurseur qu’une femme a tenu dans le développement du cinéma. Grâce aux films redécouverts dans les archives de la Library of Congress, on peut espérer qu’Alice Guy va récupérer la place qu’elle mérite en France au côté de Méliès et des frères Lumière.

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